La croisée des destins

 

Chapitre 2 : Journée au haras

 

 

            La “douce” sonnerie du réveil me tira de ma torpeur. Je l’éteignit en marmonnant. Il indiquait bien 6h00 ! N’ayant pas cours, le samedi, je pourrai passer ma journée avec mes chevaux. Mais, ayant plein de choses à faire, ce jour-là, je me levai sans trop râler et m’étirai, afin de m’éclaircir les idées. J’ouvrit les volets de ma chambre. Je restai un moment, accoudée à l’une des fenêtres, dans l’air frais de l’aube, devant les près vallonnés où paissaient les juments et leurs poulains. Je souris à cette vision et cherchai du regard, dans le pré le plus reculé, et le plus vaste, de notre propriété, la silhouette noire de mon étalon. Je l’aperçu enfin, sa haute taille se découpant élégamment, dans les premières lueurs de l’aube, sa robe noire contrastant avec les hautes barrières blanches. Les oreilles pointées en avant, la tête, fine et intelligente, haute, au maintien arrogant, il semblait intéressé par quelque chose. Une faible brise se leva, faisant voler les crins de sa crinière et de sa queue, lui donnant un air sauvage. Il hennit doucement et longea la barrière, dans un trot souple et léger. Me détachant de ce beau spectacle, je pris des vêtements dans ma penderie, me changeai et descendit prestement à la cuisine. Je me servis un verre de lait, et grignotai une barre chocolatée, avant de laisser un mot, à l’adresse de la femme de ménage ( au cas où elle arriverait à la maison avant moi), la prévenant que j’étais partie courir et que je reviendrai d’ici une demi-heure. Sortant dans la cour, je détachai Luna, ma chienne Labrador de couleur sable qui me lécha joyeusement les mains. Démon, le berger allemand de mon père, aboya, lorsque je sortie de la cour, ma chienne sur les talons.

 

            “Allez, viens, ma belle ! On va courir un peu !”

 

            Habituée à courir, je trouvai immédiatement mon rythme et parcourue la petite allée en gravier, qui serpentait derrière les écuries, en direction de la plage, Luna courant sagement à mes côtés. Un hennissement joyeux retentit, alors que je passais près de l’enclos de Casiopée qui m’observait, postée près de la barrière.

 

            “Je ne serai pas longue, ma grande !” chuchotai-je à ma jument, en administrant, au passage, une petite caresse sur la tête intelligente de l’animal. Je continuai, jusqu’à un petit sentier qui descendait, à travers les dunes, jusqu’à la petite crique attenante à notre propriété, où j’avais prévu de venir avec mon étalon. Arrivée sur la plage, je la parcourut en courant, sur toute sa longueur et m’arrêtait à son extrémité, pour souffler, dans l’air printanier. Un quart d’heure plus tard, après avoir jouée sur la plage avec ma chienne, je remontai, en sens inverse, traversai le haras, toujours en courant, et regagnai ma chambre, laissant Luna dans la cour. Là, je prit un jean et un tee-shirt que j’avais posé sur mon lit, et j’allai me doucher. Une fois changée, je partit m’occuper de mes chevaux, les juments de l’élevage étant à la charge de Benoît, Laurent et Fabien, les palefreniers que mon père avait engagés. Je m’arrêtai à la cuisine, jetai le mot, le remplaçant par un autre disant que j’étais à l’écurie, prit quelques pommes et carottes dans le frigo, ressortit de la maison et, accompagnée de Luna, prit la direction des écuries. Là, je passai dans la sellerie (un local adjacent aux boxes et où on rangeait le matériel des chevaux) et y prit le licol de Casiopée et gagnai son pré où la jument m’attendait, près de la porte. Je lui offrit une pomme et passai le licol à la jument (bien que je n’en vois pas l’utilité), qui se laissa faire. Cette jument était si paisible. Mais mon père avait mit un point d’honneur à ce que je mette toujours un licol aux chevaux, lorsque je les rentrais. Je sortit la jument du pré, en refermant la porte derrière nous, et jetai négligemment la longe sur l’encolure de la jument. Casiopée me suivie docilement et je marchai à ses côtés, une main posée sur son encolure. Arrivée à l’écurie, la jument entra d’elle-même dans son box où je lui apportai son repas. Pendant que la jument mangeait, lui ayant enlevé son licol, je sortit du box, après avoir donné une petite tape amicale à la jument alezane, tout en attachant la chaîne de porte (mesure inutile, d’après moi ! En effet, j’avais dressée ma jument à rester dans son box, même sans la chaîne). Une fois cela fait, je quittai l’écurie, avec un autre licol, et partit en direction du pré de mon étalon noir. Ne le voyant nulle part, je pénétrai dans l’enclos et sifflai. Aussitôt, un hennissement strident me répondit et le magnifique étalon surgit soudain, au sommet d’une petite colline, au grand galop, les oreilles en avant et fonça, sans ralentir, droit sur moi qui, confiante, ne bougeai pas. L’étalon ne s’arrêta pas et dévia, au dernier moment, me frôlant. Je me retournai pour voir l’animal ralentir et revenir vers moi, au petit trot. Il s’arrêta à quelques mètres de moi, ses muscles frémissants sous sa robe satinée, les yeux brillants, sa crinière tombant élégamment sur son encolure arquée. Il voulait jouer.

 

            “D’accord ! Si c’est ça que tu veux !” lançai-je, en souriant.

 

            Je fit mine de m’avancer vers lui et il s’échappa soudain, au grand trot. Mais devinant sa réaction, j’allongeai la main, attrapai, au passage, la crinière de l’animal et, prenant mon élan, je me hissai sur le puissant animal. Assujettissant mon équilibre, et en serrant les jambes, les mains cramponnées à la crinière, je le fit tourner sur un petit cercle et le remis au pas.

 

            “Assez joué pour l’instant, mon bonhomme ! chuchotai-je en lui caressant l’encolure. Aujourd’hui, tu vas faire ta première sortie sur la plage !”

 

            Arrivée à la porte du pré, je mis pied à terre, passai son licol à Éclipse et le ramenai à son box où je le laissai manger, en paix. Ma montre indiquait 7h30, lorsque je regagnai la maison, après avoir nourrit les deux chiens. Je passai dans le séjour, prit le téléphone et composai le numéro de ma meilleure amie, et voisine.

 

            “- Salut Léa ! C’est Cécilia ! Toujours d’accord pour la petite balade ?

 

             - Bien sûr !

 

             - On se retrouve chez moi, à 9h00, alors ?

 

             - Pas de problème ! On ira où ?

 

             - Je comptais montrer la plage à Éclipse !

 

             - D’accord ! Bon, je viendrai avec Jupiter !

 

             - Au fait, en parlant de lui, il fait le concours demain ?

 

             - Bien sûr !

 

             - Tu veux qu’on le garde pour la nuit ? Ca t’évitera d’avoir à l’amener ici, demain matin, pour l’embarquer !

 

             - Si ça ne vous dérange pas !!!

 

             - Bien sûr que non !

 

             - Bon, d’accord ! Comme ça, on pourra les tresser, ensemble, cet aprem ! proposa Léa.

 

             - OK ! A tout à l’heure !” lançai-je, avant de raccrocher.

 

            Cela fait, je regagnai les écuries et nettoyai les box de Casiopée et Éclipse. Une demi-heure après, je sortie Casiopée et l’attachai hors de son box, pour la panser rapidement. Le maréchal-ferrant devant passer à 10h00, il valait donc mieux que la jument ait les pieds présentables. Ayant ramenée la jument dans son box, je répétai l’opération avec Éclipse, mais en le brossant plus minutieusement. Une fois que l’étalon eut regagné son box, j’entrai dans la sellerie, hésitante sur l’équipement de mon cheval. Ca serai sa première sortie sur la plage et je ne savais pas comment il réagirait. Finalement, j’optai pour un licol pour le cas d’une éventuelle entrée dans l’eau (le cuir des selles et filets n’appréciant pas trop bien le sel de l’eau). J’ouvris une armoire dans un coin de la pièce et en tirai un short et une serviette.

 

 

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